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 La Mémoire du théâtre contemporain est une association constituée d’un comité de parrainage dirigé par Jérôme Clément président de la Fondation Alliance française, ancien président du directoire d’Arte France et du CNC. Il est composé d’ARTCENA, de La Sorbonne Paris 3, d’Armelle Héliot et Gilles Costaz du Masque et la Plume, de Joëlle Gayot de France Culture, de Greg Germain le président d’Axe Sud et de L’Ecole des Métiers de l’Information.

 

 

 

 

À l’heure où la tendance du zapping, seul dans sa chambre ou ensemble dans le métro, prend le pas sur la durée et l’exploration en profondeur, tout est superficiel. On balaie les informations pour tout connaître par effleurement. On échange et on se positionne en fonction des modes et des tendances, sans comprendre le fond du propos. Le théâtre est un art qui se savoure dans la durée, en pleine conscience du moment présent. Le spectateur est seul avec sa pensée, mais entouré de perceptions et d’attentes distinctes. Certains vont au Théâtre pour se divertir, mais surtout pour repenser le monde autrement. Une réalité qu’il est important de conserver car elle contribue à la prise de position du metteur en scène. Une réalité qui s’inscrit dans la durée, en amont, comprenant toute la réflexion entreprise et amenant au rendu final de la création et de la mise en scène. Le théâtre est alors en tension avec le capitalisme environnant et nos quotidiens à cent à l’heure.

Quelles traces laisse le théâtre au-delà du moment de la représentation ?

Quelle mémoire constitue- t’il ? 

Que lèguent les artistes dramatiques dans le temps ?

 

Afin de prolonger l’instant théâtral et les univers dramatiques, je souhaite laisser une trace intemporelle et créer une Mémoire d’une partie du théâtre contemporain du XXIe siècle. Marquons des empreintes en passant par le numérique, même s’il s’agit de théâtre et d’un art au présent et en présence. Profitons de ce support qu’est la vidéo pour rendre cette investigation et ces rencontres accessibles à tous et pour longtemps. Donnons envie d’aller au cœur des choses et capturons une époque et des courants dramatiques, reflets d’une société et d’un temps, à l’instar d’un peintre ou d’un romancier.

 

Offrons aux artistes la possibilité de transmettre autrement que dans un moment « T ». Mettons en avant le travail de ceux qui font le théâtre d’aujourd’hui et de demain, en éclairant les nouvelles générations, auxquelles on accorde peu de places et en glorifiant davantage les rocs connus de tous.

 

 

La culture est un outil indispensable pour repenser le monde, développer l’imagination et envisager tous les possibles. Il faut continuer à créer pour se questionner, pour mieux comprendre l’homme et avancer ensemble. D’un côté se situe la liberté d’expression pour les artistes et de l’autre une liberté de réception pour les spectateurs, qui créaient le débat et se nourrissent intellectuellement.

 

 

Le théâtre créait des émotions, des réactions et stimule. C’est un moment de partage où le spectacle vivant se célèbre avec les vivants. Un espace de liberté total, dans lequel se déroulent des analyses sociologiques et sociétales. Les artistes s’ouvrent au monde et à l’infini. Les visions se multiplient, les styles se forment et repoussent davantage les frontières entre les arts.

 

 

Allons à la rencontre, du metteur en scène, du comédien et de l’auteur afin de s’imprégner, au-delà du temps de la représentation, de leurs univers et de ce qu’ils souhaitent transmettre. Remontons le fil du temps et laissons-leurs un espace de parole plus libre et plus dense qu’à l’accoutumé. Creusons, détaillons, égarons-nous, perdons-nous dans leurs intimités, pour mieux saisir leurs démarches. Créons du débat pour multiplier les regards et montrer l’absolue liberté des interprétations. Donnons également la parole à ceux, qui aussi, chaque soir, sont au Théâtre, mais dans la salle : les critiques dramatiques. Interrogeons les directeurs de structures ou de festivals forts de sens. Sondons l’air du temps et créons la mémoire et le patrimoine théâtral de demain.

 

En partant de l’idée qu’un metteur en scène monte un projet par an, il faudrait le suivre sur quatre années afin d’avoir assez de points de comparaisons pour cerner son univers dramatique. En parallèle de ces portraits, au lancement du projet, seront tournées des tables rondes qui réuniront et confronteront de nombreux points de vus. Différents auteurs dramatiques pour analyser la relation de l’auteur dans sa passation du texte au plateau ; des comédiens appartenant à la jeune génération.

 

Le théâtre peut changer le monde. Ensemble nous créerons la mémoire du théâtre de demain !

 

 

Savannah Macé

Les univers

L'oeil

Le théâtre naît d’un désir, le sien en interrogation face à celui des autres. Un désir créateur où tout peut arriver. Une nourriture indispensable où se côtoient le visible et l’invisible. Au Théâtre, tout est langage : le texte, la mise en scène, la parole, le décor, un souffle… Le metteur en scène éclaire les mots de l’auteur en proposant sa vision de l’œuvre. Une vision personnelle qui ne le positionne pas en simple passeur d’un texte. Il est un regard qui rassemble, avec passion, les comédiens, autour du chant de ses désirs. Le metteur en scène a besoin de l’acteur qui a besoin de lui. De belles histoires d’amour sont en train de s’écrire. Je vous propose de suivre, sur plusieurs années, ces nouveaux regards afin de mieux comprendre quels combats peuplent le théâtre du XXIe siècle.
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La voix

« On fait du théâtre parce qu’on a l’impression de n’avoir jamais été soi-même et qu’enfin on va pouvoir l’être », Louis Jouvet Le comédien se met à l’écoute du monde et de son personnage. Il se fond en un autre, parfois jusqu’à la déraison. Les limites entre le réel et l’imaginaire sont ténues pour celui qui ose se perde en un autre. Sa voix se fait entendre, annonciatrice du bien ou du mal, expression vivante de la pensée de l’auteur et du fantasme du metteur en scène. Tout repose sur la justesse et l’intensité de son jeu. Le comédien dispose d’une liberté qu’on lui envie tous : celle d’incarner tous les désirs et toutes les réalités, aussi éloignés soient-ils des mœurs sociétales.
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La plume

« Écrire c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit », Marguerite Duras L’auteur accepte la solitude inhérente à sa plume et au silence qu’elle requiert. Isolé, il ne l’est pas complètement. Il cohabite sans cesse avec ses personnages, les entend, anticipe leurs réactions et est soudain épris de ce besoin d’écrire. Parfois, l’écriture arrive de nulle part, elle se laisse porter sur la page. Au théâtre, elle est souvent un cri, une nécessité qui se fait urgence. Il y a tant à dire, à imaginer, à rêver et à dénoncer. L’auteur peut divertir mais doit aussi réveiller les consciences, avec son style et ses idées.
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L’oeil

Chaque mois, nous donnerons rendez-vous à des metteurs en scène, autour de leur création du moment, pour les retrouver quelques temps plus tard, sur la suivante. Partir à leur rencontre sera le moyen de mieux cerner leurs univers artistiques, de découvrir leurs méthodes de travail et d’entrouvrir la porte de leur intimité. Ainsi, il leur sera possible de laisser la trace qu’ils désirent, dans ce vaste paysage dramatique qu’ils composent.

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La voix

Dans la même impulsion que pour les metteurs en scène, nous leur donnerons voix. Je vous invite à suivre les comédiens qui nous ont émus, troublés, obsédés et parfois même hantés. Ceux qui, à travers leurs mots et leurs silences, ont bouleversé nos réflexions, nos acquis et notre âme.

La plume

Les auteurs dramatiques prendront la parole et avec eux, nous analyserons leur rapport au texte et leur appréhension de la page à la scène. Une mise en pratique dans laquelle ils ne sont plus toujours intervenants.

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